Thème: Infiltration
Développeur: Ubisoft Shangaï
Editeur: Ubisoft
Consoles: PC, PS2, PS3, X Box, X 360, GC, Wii
Note des gamers: 15.0 / 20
Sortie France : 09 novembre 2006
Version : Française intégrale
Similaire à :Splinter Cell, Splinter Cell: Pandora Tomorrow, Splinter Cell: Chaos Theory
Config minimum :
PIV 3GHz, 1Go de RAM, carte 3D 128 Mo shaders 3.0, Win XP
Config conseillée :
Carte 3D 256 Mo
Déconseillé aux - de 18 ans

TEST:
Ubisoft, dramaturge du XXIème siècle
Souvenez-vous. Lorsque nous avions quitté Sam Fisher à la fin du très bon Chaos Theory, tout semblait aller pour le mieux pour notre super agent. Sauveur du monde libre ayant empêché la Troisième Guerre Mondiale d’éclater, Sammy se sentait l’âme de rempiler pour de longues et sanglantes années de service supplémentaires. Hélas, l’homme de terrain qu’il était allait succomber à peine quelques mois plus tard. Non pas à une décharge de Spa12 en pleine poitrine, mais à la perte en mission de son jeune apprenti, et surtout à celle de sa fille unique. Anéanti par la douleur, le pilier d’Echelon 3 ne tardait pas à sombrer, délaissant travail et vie sociale. L’histoire aurait pu s’arrêter là et laisser Fisher dans le caniveau, l’alcool mauvais et le regard vide. C’était sans compter sur Lambert, directeur des opérations de l’ambitieux programme Splinter Cell, bien décidé à ressusciter la légende en lui confiant une ultime mission : devenir membre actif de la JBA, dangereuse organisation terroriste, et la détruire de l’intérieur.
Pour ce faire, Fisher va d’abord devoir s’infiltrer au sein de la JBA. Cette fois-ci, pas question d’utiliser les tours de passe-passe habituels à base de vision nocturne et autres filins en kevlar. Le temps de l’escalade de parois est (presque) fini, et c’est désormais au grand jour que notre ex-funambule va devoir opérer. Première étape de ce plan machiavélique : faire un petit séjour en taule, où l’on rencontrera Jamie Washington, psychopathe notoire incarcéré depuis peu, et accessoirement membre permanent de la JBA. L’aider à s’évader marquera la première étape d’infiltration, mais également le début du combat intérieur que mènera Sam entre le Bien et le Mal. Au cours des nombreuses missions, la frontière manichéenne entre ces deux mondes va se confondre, Fisher se découvrant des traîtres parmi les siens, et des alliés au cœur de l’organisation à détruire.
Dual Gore
Pour gagner la confiance de vos nouveaux amis, il va parfois falloir agir en franchissant la ligne rouge, à savoir tuer des innocents. Si les gardiens de la prison seront les premiers à faire les frais de votre changement de camp, le véritable baptême du feu interviendra un peu plus tard, lorsqu’Emile Dufraisne, chef de la JBA, vous demandera d’abattre de sang froid un otage dans une cave. Cet acte gratuit et cruel, que vous aurez le choix de ne pas exécuter, résume à lui seul la dualité de Splinter Cell : Double Agent. Toutes vos actions, bonnes ou mauvaises, auront des conséquences sur la suite de l’aventure. Tandis que vous devrez accomplir certains forfaits pour le compte de la JBA, à même d’assurer votre couverture, il vous faudra en plus de cela poursuivre votre véritable but - et ce dans une discrétion absolue.
Seulement voilà, tout ne va pas être si simple. Si la plupart des missions sont facultatives, de leur exécution et de leur réussite dépendra la confiance que vous accorderont la JBA et la NSA. En excellant dans les tâches terroristes, Sam gagnera le respect de Dufraisne, mais perdra autant de crédit auprès des services secrets, qui ne tarderont pas à le suspecter d’être passé à l’ennemi. A l’inverse, remplir les objectifs établis par Lambert tout en s’assurant de ne pas faire sauter sa couverture demandera de déployer des trésors d’ingéniosité, les « acolytes » de Fisher ayant souvent tendance à être au mauvais endroit au mauvais moment. Faîtes vous repérez en zone interdite, et la sanction sera au mieux une reconduite en bonne et due forme, au pire une balle dans la nuque. Deux jauges, présentes en continu sur le HUD, indiquent chacune le degré de confiance des deux factions, et se révèlent bien pratiques à l’usage pour ne pas se griller. En orientant vos décisions d’un côté ou d’un autre, vous influencerez la suite de l’aventure, pouvant par exemple faire porter le chapeau d’un de vos sabotages à l’un des autres membres de la JBA, le sort réservé à celui-ci coulant bien évidemment de source.
Couverture polaire
Contrairement aux autres volets de la série, Splinter Cell : Double Agent place désormais le joueur au cœur de deux univers de jeux grandement distincts. Alors que les missions pour le compte de la JBA peuvent majoritairement se dérouler avec force violence et abattages de masse (on est terroriste, oui ou non ?), les sabotages et autres écoutages de porte devront, on l’a dit, se faire avec la plus grande discrétion. Même sans ses jumelles magiques, Sam reste Fisher, et les puristes apprécieront de retrouver la technicité des escapades d’antan, avec un soupçon de pression en plus. Chaque mission pourra se résoudre en empruntant différents chemins, et plus que jamais en extérieur. A ce sujet, on remarquera la disparition quasi-complète des jeux d’ombre et de lumière, symboles des anciens volets, qui laissent ici la place à de la furtivité au grand jour (oui oui, c’est possible). Exemple parlant : la mission de Kinshasa se déroule au grand jour sous un soleil de plomb, et place le joueur dans un niveau visuellement déconnecté du reste de l’univers Splinter Cell, évoquant plus un jeu d‘action à la El Matador qu’un jeu où l’infiltration devrait demeurer le maître mot.
Si un peu d’innovation ne nuit bien entendu pas à la qualité d’un tel titre, on déplorera l’intégration trop abrupte de ce passage, qui risque de déstabiliser les puristes. A l’inverse, une des premières missions, où il s’agit de prendre le contrôle d’un cargo, est un véritable régal. Alternant phases de discrétion et phases offensives, son originalité et sa difficulté parfaitement dosées en font une des meilleures du jeu. Des glaciers géants d’Alaska aux gratte-ciel d’un Shanghai illuminé, Double Agent nous transporte comme jamais un Splinter Cell ne l’avait fait auparavant. Merci donc à Ubisoft d’avoir pris le risque de l’innovation : plus on progresse dans les niveaux, plus le plaisir de jeu s'accroît.
Les meilleurs partent toujours en premier
Conséquence de ce plaisir vidéoludique : les quelques heures que dure le mode solo filent à vitesse folle et laissent en fin de partie une impression douce-amère de manque, comme si les dix heures de jeu proposées étaient passées en un clin d’oeil. On pourra certes se consoler avec les trois fins différentes qui promettent une indéniable rejouabilité, mais admettons-le, Double Agent est un peu court. Comme pour un Hitman Blood Money, les plus acharnés pourront toujours essayer de finir le jeu sans éveiller une seule fois l’attention, mais n’espérez pas débloquer un quelconque item - le challenge ne vaut que pour la beauté du geste. Pour pallier à une éventuelle dépression post-Fisheresque, Ubisoft a une nouvelle fois pensé à inclure un mode multi-joueurs à son bébé. Hélas, l’impossibilité d’accéder au serveur de jeu en ligne au moment où nous écrivons ces lignes (le jeu n’étant pas sorti), couplée à la frigidité maladive d’une partie de la rédac à tâter du shooter (même tactique) en LAN, ne nous ont pas permis de réellement parcourir et juger cet aspect du soft. Au vu des modes de jeu proposés, à savoir Versus et Challenge Coopératif, le multi de Double Agent semble issu de la même veine que celui de Chaos Theory, à savoir un subtil mélange d’infiltration-exfiltration (pour les pros) et de bourrinage (pour les autres).
Réalisation classieuse et bugs furtifs
Les images parlent d’elles-mêmes : Splinter Cell Double Agent est beau. Next-Gen oblige, les graphismes du jeu ont été revu à la hausse depuis Chaos Theory, atteignant ici des sommets. Les décors sont grandioses, les effets de lumière et de réflexion mettent remarquablement bien en valeur notre taulard d’agent, et on se surprend à trifouiller la caméra de façon à admirer notre beau Sam, fort bien engoncé dans son habit de nuit. Si les textures sont de qualité variable, allant du magnifique pour la tenue et la peau du perso au très moyen pour certains blocs de décor comme les icebergs, on reste malgré tout ébloui par l’impression de finition qui se dégage de l’ensemble. Pas ou peu de bugs de collision et quelques problèmes d’ombres (à mettre peut-être sur le compte de nos pilotes vidéo bêta), le Splinter nouveau semble avoir bénéficié d’un débuguage encore plus poussé qu’à l’accoutumée.
Conséquence de l’abondance d’effets visuels à l’écran : le jeu rame dès qu’on pousse les détails à fond, et ce même sur une X1950 XTX de compétition. Ubi annonce faire tourner le jeu sur une Geforce 6600 des familles, mais n’espérez pas obtenir un bon compromis beauté/fluidité en dessous d'une 6800GT. Du côté de l’ambiance sonore, bonne nouvelle : Double Agent a passé le cap de la localisation avec succès. Les textes sont précis et clairs, les voix bien choisies et dans des intonations exagérées mais de rigueur - du tout bon, en somme. Comme d’habitude, des musiques discrètes mais agréables rythment les pérégrinations de l’ami Fisher et se mêlent fort bien à l’ambiance du titre.
Dernière minute : Un patch 1.01 de 24 Mo pour Double Agent est sorti . On ne connaît pas encore son contenu, mais il se murmure sur les forums qu’il règlerait les problèmes d’ombres mentionnés plus haut, ainsi que des bugs aléatoires lors des parties en LAN.
Sans appel
On s’y attendait un peu : Splinter Cell Double Agent est bel et bien le succès espéré depuis Pandora Tomorrow. Prenant et somptueusement réalisé, le nouveau titre d’Ubisoft Montréal étonne à chaque instant par ses nombreuses qualités, à la fois techniques et scénaristiques. On lui reprochera cependant une durée de vie un cran en deçà des attentes suscitées, qui ne manquera pas de frustrer les purs et durs, pour qui la seule solution sera de refaire le jeu en Difficile, en essayant de découvrir les trois fins différentes. Malgré une idée de départ casse-gueule, Double Agent réussit là où beaucoup d’autres se sont plantés : réinventer les mécanismes d’un hit.
Cheat Codes:
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ScreenShots:



